Visitez le site www.ctmaurepas.fr

5 septembre 2020

La Born To Ride s’est élancée du cœur de la forêt de Rambouillet

image_pdf

La BTR  (traduisez grosso modo par « Né(e) pour rouler ») et la BTT (traduisez aussi grosso modo par « Né(e) pour essayer »).
Voilà un sacré événement dans le monde du vélo, événement qui démarrait tout près de chez nous, en forêt de Rambouillet  et se terminait à Aragnouet, 1.200 km plus loin.
Il s’agit du monde du vélo où la longue distance est reine car synonyme peut être (je ne suis pas spécialiste) d’aventures, de dépassement de soi ou de retour sur soi, va savoir !
L’été dernier, nous avions suivi la TCRace . Vous me direz : la longue distance, ce n’est pas nouveau !
Mais je vous répondrai : la longue distance sans assistance est une formule relativement récente qui a ses passionnés.
Voilà un bel exemple que la pratique du vélo est bien vivante et diverse.
Un an après avoir accueilli le cyclotourisme international à la Bergerie Nationale, la forêt de Rambouillet était de nouveau le théâtre de départ d’une belle organisation vélo en ce début août 2020.
Rien à voir avec les 7.000 participants de 2019 ; cette fois il s’agit d’une équipe de bénévoles réduite, une communication limitée, le tout dans une bien plus grande discrétion que le Paris-Brest-Paris.
Parmi les piliers fondateurs de cette randonnée, il faut surtout noter ce véritable état d’esprit autour du voyage à vélo ; cette pratique se développe de plus en plus, avec, pour la BTR, un thème à chaque édition, des pratiquants et des organisateurs passionnés et engagés.
J’ai donc saisi l’opportunité de partir à la rencontre des acteurs de cet événement, qu’ils soient organisateurs ou participants.
Mais de quoi parle-t-on ?
De la Born To Ride (BTR) pour décliner la version longue de l’édition, et de la Born To Try (BTT) dans la version plus courte. Tout est relatif, même quand on parle de version courte ; à chacun d’apprécier :
– BTR : 1.200 kms, 14.000 D+,
– BTT : 600 kms, 10.000 D+, avec un départ de Volvic cette année avant de rejoindre la forêt de Murat,
– Un temps limité à 120 h pour réaliser les 2 périples.
L’Appel des Forêts : c’était le thème pour cette édition 2020.
Sur le parcours, les ‘CP’ se situent tous au cœur de la forêt ; et c’est véritablement au cœur des forêts, comme en atteste le lieu de départ fixé au Grand Chalet, derrière le centre équestre du Cerf-Volant à Adainville. Il était bien plus aisé de se rendre sur le périmètre de départ en vélo qu’en voiture. Le CP1 était situé en forêt de Bercé dans la Sarthe ; le CP2 était installé dans la forêt nivernaise ; le CP3 avait élu domicile dans les bois du Cantal, à Murat ; c’est le Tarn avec la forêt domaniale de Grésigné qui hébergeait le CP4 ; et l’arrivée était jugée au refuge d’Orédon au sein de la forêt communale d’Aragnouet dans les Hautes-Pyrénées, à l’issue d’une dernière pente très positive et très longue.
En 2016, Chilkoot (la compagnie des pionniers créée par Luc ROYER) a emmené les participants sur les routes des cathédrales ; en 2017, place aux monts ; les phares ont éclairé la route de la BTR en 2018, pour laisser place aux citadelles en 2019.
Le Voyage à vélo
La longue distance, voire l’ultra longue distance, le bike-packing, l’autonomie, la découverte, le respect de la nature : on retrouve de plus en plus ces ingrédients dans les organisations.
En cette année 2020 bien perturbée par les conditions sanitaires, l’autonomie des participants a revêtu une place encore plus importante que celle rencontrée dans les éditions précédentes. 400 participants étaient attendus du côté d’Adainville pour le départ de la BTR ; mais par manque d’entraînements ou d’impossibilité de se rendre en France pour certains étrangers, ils n’étaient environ que 300 à s’élancer.
4 départs de groupes de 100 riders devaient partir chaque ¼ d’heure à partir de 22h ; mais pour respecter les règles de distanciation, les participants avaient la possibilité de s’élancer individuellement dès 14h. Rares sont ceux qui ont bravé la canicule cet après-midi du 7 août, préférant se reposer à l’ombre, tout en se ravitaillant et profitant du petit plan d’eau du site. C’est donc à partir de 20h que les départs se sont majoritairement enchaînés en direction de la Beauce. Les températures sont restées très élevées tout au long des 120 h allouées, ce qui a engendré des difficultés supplémentaires dans la progression sur la route. Les images relayées par les participants sur les réseaux sociaux attestent des limites de l’exercice.
Pour la BTR ou la BTT, pas de suivi on-line, des publications de temps de passages dans les CP très succincts (pour info ce sont les participants eux-mêmes qui s’enregistrent sur une page web dédiée, via leur géolocalisation sur leurs mobiles). Tout ça peut paraître bien sommaire, voire archaïque face aux solutions disponibles actuellement, mais ça relève de la philosophie projet : autonomie maximale, et surtout pas de compétition (approche délicate à maintenir).
Autre trait de caractère de cette randonnée au long cours : le respect, et notamment celui de la nature. J’ai assisté à quelques départs dans l’après-midi ; à chaque fois, l’organisateur, au micro, ponctuait ses mots d’encouragement d’un ‘profitez pleinement de la nature, mais surtout … respectez la’. On percevait aisément chez chacun cette implication environnementale.
Des traces GPS proposées
85% des participants se sont appuyés sur les traces GPS de l’organisation ; mais Luc Royer laisse chacun tracer son propre trajet, dès lors où le passage dans les CP est respecté. Parmi les mordus de l’Open Runner (ou des logiciels dédiés aux spécialistes) présents sur cette randonnée, citons Elisabeth Lavail et Steven Le Hyaric ; tous deux avaient redessiné totalement le parcours pour maintenir par exemple une stratégie : celle de rouler de nuit sur des routes dotées de pistes cyclables ou de bandes de roulages dédiées pour Elisabeth.
Un brassard et un décapsuleur au départ
Avant de prendre le départ, chaque participant doit retirer sa dotation : le carnet de route, le bidon, le brassard à maintenir si possible au bras, et … un décapsuleur !
Le breuvage du finisher à l’arrivée
Eh oui, le décapsuleur emporté depuis à Adainville … il est fort utile pour déguster la bière Chilkoot du finisher dans les Hautes Pyrénées. Au rang des souvenirs et des trophées, le badge BTR ou BTT complète le bonheur de tous ceux qui ont tant aimé souffrir.
BTR, BTT, mais pas que …
On avait la chance d’accueillir cet événement (la BTR) sur notre territoire des Yvelines, toujours aussi fantastique pour toutes formes de pratiques.
Mais il existe de plus en plus de randonnées longues distances, en complément des ancestrales flèches et autres brevets.
La Race Across France, entre Mandelieu la Napoule et Le Touquet, s’est déroulée à la mi-août ; elle a triplé le nombre de participants lors de cette 3ème édition par rapport à 2018, malgré les conditions sanitaires du moment. En chiffres, la RAF c’est :
– 4 distances : 300, 500, 1.100, 2.600 kms,
– A couvrir en respectivement : 24h, 36h, 5 jours, 11 jours,
– 19 départements traversés,
– Le franchissement de cols mythiques : Ventoux, Alpe d’Huez, Galibier, Colombière, l’Iseran.
Certains participants de la RAF 2020 sont aussi organisateurs :
– Luc COPPIN, le nouveau président de l’Audax Club Parisien était engagé sur la RAF, version 2.600 kms sans assistance,
– Pascal BRIDE, organisateur de la Route du Diable en juillet dernier avec 2 parcours proposés (739 kms et 1.424 kms) pour franchir le plus grand nombre de ponts du diable, et suivi en temps réel, via géolocalisation assurée par une balise sur chaque vélo.
Le choix est de plus en plus large, l’évolution de la pratique est véritablement en marche ; les projets vont, à n’en pas douter, fleurir un peu partout dans le monde, même si la France attire beaucoup les organisateurs et les participants.
Quelques séquences vidéo émotion pour finir …
Une équipe de Tout Le Sport a couvert cet événement, pour donner lieu à de belles séquences vidéo de vélo longue distance.
Le reportage diffusé le 21 août est disponible ici ; celui du 22 août est accessible .
Longue vie à la BTR et à la BTT.
Texte de Jean-Pierre CHARDON