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11 septembre 2018

Le monde du Handisport

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Introduction
Le handicap est devenu médiatique par les jeux paralympiques. Vous trouverez ci après quelques informations sur la naissance de ce mouvement, tirées textuellement de Wikipédia.
« Sir Ludwig Guttmann, médecin neurologue de l’hôpital de Stoke Mandeville dans le comté de Buckinghamshire près de Londres, eut l’idée d’organiser dès 1948 sur le terrain de l’hôpital, les premiers « Jeux mondiaux des chaises-roulantes et des amputés » (“World Wheelchair and Amputee Games”). Connus plus tard sous le nom de « Jeux de Stoke Mandeville », ils étaient destinés à réhabiliter par la pratique physique des victimes et anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale devenus paraplégiques. Deux équipes d’anciens combattants ont alors participé à une unique épreuve, le tir à l’arc.
Les 9e jeux de Stoke-Mandeville eurent lieu à Rome en 1960 une semaine après les Jeux olympiques d’été de 1960, et l’on considère qu’il s’agit des premiers jeux paralympiques. Les premiers Jeux paralympiques d’hiver eurent lieu à Örnsköldsvik en Suède en 1976.
Parallèlement, ont lieu à Saint-Étienne, à l’initiative d’Yves Nayme, plusieurs éditions de jeux internationaux pour les personnes handicapées physiques (jeux européens de 1966, jeux mondiaux de 1970 et 1975 et championnats du monde de 1990).
Les personnes atteintes de paralysie cérébrale participent aux Jeux paralympiques depuis les Jeux d’Arnhem, en 1980.
Depuis les Jeux paralympiques d’été de Séoul en 1988, les Jeux olympiques et les Jeux paralympiques sont organisés dans la même ville. »

Le monde du sport a du se doter de structures adaptées afin que toutes les personnes qui souffrent d’un handicap, quel qu’il soit, suite à un accident ou une maladie, puissent se retrouver par disciplines. Les difficultés qu’elles rencontrent doivent être répertoriées, et catégoriser afin qu’ils puissent concourir avec des chances identiques. En France c’est la Fédération Française Handisport qui prend en charge cette approche en collaboration, pour chaque sport, avec leur fédération.

Pour avoir de plus amples renseignements vous pouvez vous rendre sur le guide handisport 2018 particulièrement bien documenté. La couverture de ce guide symbolise bien cette communauté, marginalisé par le destin. Ils sont souvent jeunes, beaux, avec un besoin d’aimer et d’être aimés. Le sport est un extraordinaire lieu de rencontre. Ils peuvent s’exprimer, communiquer leur motivation et leur joie de vivre. Ils sont souvent dotés d’un potentiel hors norme. Cela ne masque pas leurs difficultés au quotidien pour vivre dans un monde particulièrement inadapté, mais il nous donne envie d’aller vers eux pour leur offrir un peu de ce qu’ils n’ont plus.

Fédération Française handisport : Cyclisme
Le cyclisme fait partie de 25 disciplines organisées sous l’égide d’une commission sportive. Chaque discipline est donc organisée par cette commission. Le directeur sportif de la commission Cyclisme est Jérôme DUPRE. Il est également membre du pôle développement de cette discipline. C’est donc lui l’homme avec lequel il faut dialoguer pour faire évoluer la pratique liée au vélo. Vous pouvez trouver toutes les informations sur le cyclisme Handisport en allant dans les pages 122 et 123 du guide handisport 2018.
Les fédérations françaises homologués sont la FFC (Fédération Française de Cyclisme) www.ffc.fr et la FFCT (Fédération Française de Cyclo Tourisme) https://ffvelo.fr/
Même adhérent à la Fédération Handisport, mon trike couché ne serait pas admis.
En reprenant la définition handisport on peut lire ceci :
« Le cyclisme se pratique, en loisir ou en compétition, sur quatre supports adaptés à la plupart des handicaps physiques et sensoriels : tandem pour les déficients visuels, tricycle pour les infirmes moteurs cérébraux, hémiplégiques ou traumatisés crâniens, handbike (vélo avec commande à bras) pour les personnes à mobilité réduite et vélo solo pour les déficients auditifs et autres handicapés moteurs. »Hors même si les tricycles sont admis pour les infirmes moteurs cérébraux les tricycles couchés ne sont pas homologués.

Mon Week-end au Championnat de France Paracyclisme
La petite communauté de bikers couchés ne manque pas l’occasion de se retrouver sur les évènements les concernant, afin de promouvoir cette pratique.
Au championnat de France handisport c’est l’occasion de montrer qu’il existe une catégorie de vélo couché à 3 roues, permettant à des personnes souffrant de certaines maladies neurologiques, de pratiquer. Les orienter vers les tricycles droits n’est pas la solution car dans certains cas, dont le mien, un appui au niveau dorsal est indispensable.
Pendant ce championnat de France Paracyclisme, c’est l’occasion d’ouvrir certaines courses aux coureurs valides et ainsi de brasser sur un même site, l’ensemble de la communauté de cyclistes.

Les « Pass’cyclisme » sont donc des compétitions en ligne et contre la montre permettant à des coureurs licenciés dans un club ou prenant une licence à la journée de participer à ces compétitions, hors championnat de France handisport.
Les courses en ligne ne sont pas ouvertes au trike, par contre la course contre la montre ne pose pas de problème. Il n’y a pas de gène à la cohabitation.
Nous étions donc trois pilotes de trike engagés dans ce Contre la Montre. Deux de mes amis sont parfaitement valides et ont été en mesure de réaliser des temps tout à fait acceptables à plus de 38 km/h de moyenne.
Quant à moi, un élément climatique allait s’inviter quelques minutes avant le départ de l’épreuve. Un bel orage et la pluie qui l’accompagne ne m’ont pas permis de me préparer à temps. Seule mon épouse pouvait m’aider à monter mon vélo qui était en vrac dans ma voiture, et dans ces conditions, la partie n’était pas jouable. Dans de bonnes conditions c’est déjà difficile, mais là c’était tout à fait irréaliste. Donc je n’ai pas pris le départ.
La déception passée, cet épisode fut un mal pour un bien, car en m’engageant dans cette catégorie j’ignorais que j’étais seul à avoir un handicap, et celui ci n’était pas pris en compte.
Le soleil étant revenu j’ai pu, avec l’aide Philippe, de Vélofasto, chez qui j’ai acheté mon trike, contacter l’organisation, et en particulier le directeur technique, Jérôme DUPRE, de la section cyclisme handisport, afin de lui proposer de partir avec les tricycles droits inscrits dans le contre la montre. Ce départ m’a été refusé car on ne pouvait pas m’inscrire au pied levé, dans l’organisation de cette épreuve.
Toutefois le contact est pris et je vais poursuivre une démarche dans ce sens. Non pas pour moi, car à 7O ans passés je n’ai pas vraiment d’avenir dans le domaine, mais pour faire avancer la réglementation handisport dans le choix des machines homologuées.
J’ai pu essayer un trike de course appartenant à Philippe et voir que je pouvais, malgré mes problèmes, être compétitif. J’ai vu également que je pouvais compter sur tous les bénévoles présents pour m’aider à me hisser et me sortir de ce trike, très bas, donc inaccessible si je suis seul. Ce fut l’occasion de réaliser qu’il y a des gens généreux, disponibles et pour qui l’altruisme a un vrai sens.
Pour faire avancer cette réglementation j’ai aussi l’appui de mon neurologue de la Pitié salpêtrière, qui m’a fourni un certificat de non contrindication à la pratique du sport en compétition mais également définissant avec précision mon handicap permettant de définir ma classification. Reste maintenant au pôle de développement de la FFH de voir si les trikes peuvent être intégrés comme supports complémentaires. J’entame une démarche dans ce sens.
Un moment agréable et riche en émotions
C’était la première fois que j’intégrais le milieu handisport. Rarement j’ai reçu un tel accueil.
L’épreuve était organisée par l’Avenir Cycliste Chatelleraudais, en collaboration avec l’Asshav Poitiers. C’est avec Pascal DEBIEN, responsable de la section paracyclisme de l’Asshav, que j’ai eu un premier entretien téléphonique et tout de suite le courant est passé. C’est un passionné, concerné par le handicap à titre personnel, et qui dépense une énergie communicative pour faire vivre cette approche sportive avec les membres de son club.
Toutes les disciplines sont belles, tous ces champions méritent notre respect, mais il en est une qui m’a particulièrement impressionnée : Le handbike.
Ces compétiteurs ne disposent plus de leurs jambes et sont allongés au fond d’un baquet. Ils n’actionnent leur monture qu’à la force des bras. Ces athlètes qui sont par ailleurs en fauteuil, ont développé une puissance au niveau des bras phénoménale. La vitesse moyenne des compétitions est proche de 40 km/h.
J’ai eu deux coups de cœur. L’un pour Anne CLAVEAU du club de Poitiers, âgée de 25 ans et qui ne pouvant plus plier ses jambes utilise un handbike. Elle a terminé sur le podium dans sa catégorie. L’autre par une figure de la discipline. Il s’appelle David FRANEK, il est champion du monde de la discipline et fait partie du Stade Français. Nous avons échangé quelques mots juste avant qu’il ne se lance sur son contre la montre avec un titre de champion de France à la clé.

J’espère rentrer plus avant dans ce milieu et retrouver quelque chose à partager dans le monde du vélo.

Texte et Photos Jean Yves PERVIS

 

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