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29 décembre 2018

Paris-Brest-Paris: Anecdotes / Organisation

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Nouveau Site Paris Brest Paris 2019

Vous avez lu dans « Le café cyclo » le témoignage d’Alain Lesauvage ; d’autres Cétémistes, ayant aussi réalisé cette randonnée, ont bien voulu nous raconter une anecdote survenue sur leur parcours et voici ce que Gilles, Jean-Yves et Jean-Pierre ont encore en mémoire.
Comme vous pourrez le lire plus bas, Jean-Pierre Chardon est passé du côté de l’organisation, une façon d’aller encore plus loin dans le monde du sport.

Gilles DEHARBE : Souvenirs
La veille du départ j’ai rencontré des participants du Brésil, nous avons sympathisé et continuons à échanger nos expériences.
2 autres souvenirs
la première nuit j ai roulé avec une personne de Rouen avec laquelle j’ai parlé toute la nuit. Au petit matin j’ai appris que c’était sa 11ieme participation, alors moi, novice du PBP, rencontrer un maître de la discipline m a empli de joie.
Autre souvenir ; après avoir rencontré, puis perdu de vue,  puis retrouvé 2 participants américains, à 5 km de l arrivée, Don notre ami américain a cassé en 2 sa manivelle de pédalier. Il ne lui restait plus que 15 minutes pour valider son PBP. J ai donc pris la décision de le pousser jusqu’ à l arrivée où nous nous sommes congratulés de notre réussite.
Mis à part l’effort, l aventure, l’ échange et la solidarité ont été pour moi les principales valeurs.
Texte: Gilles Deharbe

Jean Yves PERVIS : Un moment difficile
J’étais à l’étape de fougères au retour avec un peu plus de 900 km dans les jambes. Le vent et la pluie depuis le départ avaient fait leur œuvre et je n’avais plus rien de sec à me mettre. J’étais bien au chaud dans le camping car d’un ami, il était 23 h et il fallait repartir. Dehors la pluie redoublait, les abandons se succédaient et il me restait un peu plus de 300 km à faire. Je n’avais presque pas dormi depuis le départ. J’avais remis ma veste thermique mouillée à même la peau, c’est ce que j’avais trouvé de mieux pour ne pas avoir froid. Fougères était désert. L’eau qui tombait dru rendait le décor flou et les lumières scintillaient à travers les gouttes acérées. A la sortie de Fougères il y a une belle côte et l’éclairage de la ville s’estompait mon feu avant n’était pas très vaillant et l’eau ruisselait sous mes roues. J’avais l’impression de remonter le courant d’un petit torrent. Jamais je n’ai connu une telle déprime sur un vélo. Que faisais je là, seul, alors que nous étions 6000 au départ, sous la pluie et à 300 km de mon lit.
La nuit était devenue noire d’encre et je suivais le faible faisceau de mon phare aussi déprimé que moi. Les kilomètres me semblaient interminables, je mangeais pour m’occuper, mais avec la pluie mes barres de céréales étaient devenues infectes. Un village au loin avec quelques lumières. En passant devant l’église éclairé je vis une cabine téléphonique. Sans réfléchir je me suis arrêté, je suis rentré dans cette cabine pour continuer de manger au sec. A l’horloge de l’église il était 0h45.
A ce moment debout dans ma cabine, le temps s’est arrêté, plus de son plus d’images.
Quand je me suis réveillé j’étais assis au fond de la cabine à l’horloge de l’église il était 2h30. J’avais dormi presque 2 heures en passant de la position débout à la position assise sans aucun souvenir.
Cette pause me fut salutaire, 14 h plus tard je bouclais l’épreuve en un peu moins de 70 h
Texte : Jean-Yves Pervis

Jean Pierre CHARDON: De la fascination à l’organisation

Les passionnés ont coché sur leur agenda depuis longtemps les dates de la prochaine édition du Paris-Brest-Paris.
A compter du 18 août 2019, plus de 6.000 participants venus de tous les continents, s’élanceront sur la route de la mythique randonnée en direction de Brest.

Cette randonnée m’a personnellement fait rêver pendant de nombreuses années ; très souvent présent au bord des routes des Yvelines pour encourager les participants, et notamment les cétémistes, lors des départs, il m’arrivait aussi régulièrement de quitter mon bureau pour partager l’aventure du retour, souvent jusque très tard dans la nuit au beau milieu de la forêt de Rambouillet, pour encourager toutes celles et ceux qui rejoignaient l’arrivée.
De ces périples il me restera de belles images et des clichés insolites :

  • Certainement la plus incroyable : un binôme Dusson-Wegher en tête au passage aux Mousseaux devant les immenses favoris de l’époque, les Talabardon, Le Du, peut-être déjà Bocquet, et consorts …
  • Des Américains épuisés que l’on avait éclairés avec les phares de voiture entre Gambais et le Tremblay,
  • Des moments de partage à l’arrivée au gymnase des Droits de l’Homme avec des participants marqués par l’effort mais tellement heureux d’avoir participé à cette belle aventure,
  • Les années Scott Dickson, avec la présence dans le groupe des 8 premiers en 2007 d’un certain Bertrand Lavelot dont on retrouvera trace dans les démêlés juridiques de l’affaire Festina.


Et puis, en 2015, involontairement libéré professionnellement, je décide d’en être ; j’en avais tellement rêvé ! Je vais enfin pouvoir découvrir de l’intérieur le Paris-Brest-Paris.
Ce serait extrêmement long de vous livrer un récit complet sur mon retour d’expérience, mais simplement quelques repères tout à fait personnels :

  • Avant tout, un PBP c’est … dans la tête ; dès septembre 2014, je savais que je serai sur la ligne de départ en août 2015,
  • Un PBP c’est beaucoup de monde sur la route, mais un PBP c’est surtout être capable de rouler seul ; pas la peine de prendre le départ sans être en mesure de partir tout seul et faire 250 km,
  • Le plus difficile et le moins sympa sur un PBP, ce sont les brevets qualificatifs : peu de points de contrôle réellement accueillants, des effectifs limités au départ, on se retrouve vite au sein de petits groupes dans lesquels il faut maintenir le tempo,
  • Un PBP c’est un projet à gérer, un cercle familial à impliquer, un mode opératoire à définir en fonction des objectifs.
    Mais quel pied ! Faites-le, c’est génial.

Tout ça, c’est la vision cyclo. Mais PBP c’est avant tout une randonnée extraordinairement mythique qui :

  • implique plus de 2.500 bénévoles tout au long du parcours, totalement dévoués pour apporter le meilleur service aux participants,
  • nécessite de gérer beaucoup d’activités : accueil des participants de tous les pays, contrôles sur le parcours, pointage des cartes de routes, restauration, logistique (douches, dortoirs), services médicaux, encadrements motocyclistes, prestations professionnelles pour le suivi des participants, services digitaux, relations publiques (des ambassadeurs sont reçus pendant la randonnée), …,
  • fédère le tissu associatif dans les villes étapes,
  • assure la promotion touristique des régions traversées,
  • … la liste est longue.

En 2015, j’ai ressenti l’engagement sans limite des nombreux bénévoles ; j’ai aussi rencontré des membres du comité d’organisation totalement épuisés avant même le lâcher des groupes, voire même un peu dépassés par l’ampleur de la manifestation.
Alors, je suis allé les rencontrer, et je travaille désormais à leur côté pour mettre en place la 19ème édition.
C’est Rambouillet qui sera la ville hôte en 2019 : un site magnifique, offrant un large patrimoine historique, touristique, environnemental. Cette délocalisation géographique facilitera bien évidemment l’organisation des départs, car immédiatement les participants seront au cœur du massif forestier, sans être contraints de progresser sur des axes citadins.
Rambouillet c’est aussi un engouement fort des élus locaux qui souhaitent installer la randonnée au cœur des activités estivales de la ville ; le contexte s’y prête parfaitement, avec un centre-ville accueillant à proximité du parc du château et de la bergerie.
En 2019, Rambouillet sera la capitale du vélo dans les Yvelines ; car, en amont du Paris-Brest-Paris, la ville royale sera le théâtre du départ de la dernière étape du Tour de France.
Rambouillet c’est aussi un club cyclo extrêmement dévoué, porté par son Président, Didier JOSSET, qui a rejoint les équipes d’organisation du PBP.
La fête se doit donc d’être belle.

Information Cyclotourime-Mag.com du 5 janvier 2019 : Lien

Texte de Jean Pierre Chardon